Eau et Assainissement : état des lieux à Plobsheim

Suite à une réunion tenue à la Mairie de Plobsheim entre la municipalité, Plobsheim Nature et Environnement et des responsables de l’Eurométropole, voici l’état des lieux sur l’eau et l’assainissement en juillet 2016

Les services compétents

Plusieurs administrations et services se partagent les responsabilités eau-assainissement :

  • le service Eau et Assainissement de l’Eurométropole a la maitrise d’oeuvre sur les réseaux
  • le SDEA (Syndicat des Eaux et de l’Assainissement Alsace-Moselle) est un service public qui gère les réseaux à travers une délégation de compétence des collectivités
  • l’entretien des rivières est du ressort du service ‘Environnement et transition énergétique’ de l’Eurométropole (Voir plaquette)
  • L’Agence de l’Eau Rhin Meuse (AERM) (les agences de l’eau sont des entités créées par l’état au niveau de chaque bassin versant) aide financièrement et techniquement les actions d’intérêt général au service de l’eau et de l’environnement du bassin. Par exemple, le projet ‘réduction des micropolluants (LUMIEAU)’ de l’EMS est subventionné ainsi que tous les travaux visant à réduire l’impact sur le milieu. C’est la redevance ‘assainissement’ payée sur la facture d’eau qui assure le financement de ces travaux.
  • La police de l’eau dépend de la DDT (Direction Départementale des Territoires) et de la DREAL (Direction Régional de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) selon les cours d’eau, ces organismes d’état dépendent du préfet. DDT pour Petergeissen (STEP Plobsheim), DREAL pour le Rhin (STEP Strasbourg – La Wantzenau). [STEP = Station d’épuration]

L’eau potable

Plobsheim est alimenté par un pompage situé à Ichtratzheim qui est de bonne qualité. Eschau est alimenté par un pompage situé rue des cosaques, de moins bonne qualité. Le nouveau captage mis en place à Plobsheim servira à alimenter le réseau de Strasbourg et de l’Eurométropole. C’est l’Eurométropole qui assure maintenant la facturation de l’eau, qui comprend aussi l’assainissement et la contribution à l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse

L’assainissement à Plobsheim

En 2012 l’Eurométropole a adopté un schéma directeur assainissement pour 15 ans. Ce schéma répond à la directive cadre sur l’eau de l’Union Européenne qui prescrit d’atteindre le bon état des masses d’eaux (rivières, lacs, nappe phréatique, etc ) en 2025 au plus tard. Un programme pour Plobsheim a été défini, mais il est remis en cause en partie par l’arrêté du 21/7/2015 qui a des répercussions sur l’assainissement proprement dit. Du coup la partie du programme qui vise à aménager le réseau pour que l’écoulement se fasse mieux va être réalisée fin 2016 (Partie inondation du programme de travaux), et la partie ‘impact milieu’ (épuration, etc, qui impactera en particulier les déversoirs) est encore en étude.
Le service de l’assainissement doit trouver le point d’équilibre entre l’évacuation des eaux de pluie et l’assainissement des eaux usées. Pour éviter les inondations, il faut évacuer ponctuellement de forts volumes d’eaux qui ne nécessitent pas de gros traitements d’épuration, et dans le même temps, il faut conserver au maximum les eaux usées afin d’atteindre le bon état écologique des rivières. La qualité des déversoirs d’orage (DO) et des exutoires d’orage et leur entretien sont primordiaux.
A Plobsheim, les réseaux ne sont pas dans un mauvais état, néanmoins des points d’amélioration existent ( cf plus bas pb de la noue ). La station d’épuration fonctionne avec un procédé biologique (« des bactéries nettoient l’eau »), elle est conforme à la réglementation, on constate néanmoins quelques surcharges hydrauliques : elle reçoit trop d’eaux diluées. Il faut donc étudier comment diminuer le volume d’eau qui n’a pas besoin d’assainissement se trouvant dans les canalisations vers la station d’épuration.
Les problèmes d’inondations dans les caves peuvent être réglés dans la majorité des cas par des clapets anti retour ou des pompes de refoulement en domaine privatif. A Plobsheim ces problèmes sont réglés actuellement, la mairie a fait des réunions d’information et de concertation.

Assainissement : améliorations en cours

Les eaux de pluie ne doivent pas partir dans les égouts

Les eaux de pluie doivent être gérées à la parcelle, contrairement à ce qui était préconisé il y a 20 ou 30 ans. L’infiltration directe dans la nappe phréatique peut poser des problèmes de pollution, il existe plusieurs méthodes utilisables. La noue : le passage de l’eau par une noue permet de constater visuellement une pollution éventuelle et donc d’y remédier. Les noues publiques seront entretenues par EMS (passage d’un marché public). La noue au bout de la rue André Malraux ne fonctionne pas correctement, les travaux n’ont pas été réceptionnés ni acceptés par EMS, l’entreprise prestataire va devoir reprendre son chantier.
Une autre solution d’infiltration est le puits perdu. Mais celle-ci est proscrite à cause de l’absence de filtrage. La solution alternative est le puisard, puits d’infiltration muni d’une cartouche de sable pour filtrer.
– la règle de gestion des eaux pluviales à la parcelle est imposée aux constructions neuves (mise en place de noues ou de puisards), à noter que dans le PLUi en attente de validation, la règle de la quotité de terrain préservée en espaces verts est remplacée par une notion de quotité de terrain en pleine terre, les espaces verts étaient souvent faits sur des dalles ce qui empêche l’infiltration des eaux. Il est espéré que cette règle soit respectée non seulement sur le plan du permis de construire mais aussi dans la durée de vie de la propriété.
– pour les espaces publics, grands pourvoyeurs d’eau de pluie par les routes, places, etc la solution est d’avoir recours à une gestion alternative des eaux pluviales (noues, fossés, structure d’infiltration, …) 
– pour les constructions anciennes raccordées au réseau d’assainissement : mise en place d’un programme de subventionnement si les eaux de pluies rejetées dans le réseau sont réduites. Un accompagnement technique, administratif et financier du service pour les volontaires est mis en place : subvention de 85% des travaux, plafonné à 10€ par m2 déconnecté. Le programme sera présenté aux habitants dans une réunion publique le 9 novembre 2016. Une plaquette est disponible ici.

A noter qu’il aurait été possible de mettre en place une taxe ‘eau pluviale sur surfaces imperméables’, mais le choix a été fait d’être positif et non punitif : « Subventionner les eaux pluviales qui ne rentrent pas dans le réseau plutôt que de taxer celles qui entrent ».
Les constructions non raccordées au réseau en assainissement non collectif (ANC) sont régulièrement contrôlées.

La réduction des micropolluants 

L’épuration biologique ne permet pas de traiter toutes les pollutions, en particulier les micropolluants : médicaments et autres substances chimiques diverses, métaux, pesticides, graisses... . Le projet LUMIEAU conduit par le service permettra de répondre à cette problématique par la recherche de solution à la source. La notion de Tout à l’égout est dépassée : il faut faire un appel pour éviter ces rejets : lingettes, rouleaux de papier wc sont à mettre à la poubelle, médicaments à ramener à la pharmacie, peinture et huiles en déchetterie. Par exemple, les bâtonnets d’oreilles passent sans difficulté toutes les étapes de traitement et se retrouvent intacts dans la rivière (passage entre les grilles du dégrilleur), d’où une nouvelle réglementation interdisant les matières plastiques pour ces bâtonnets. Autre exemple, les graisses s’agglomèrent et obstruent les tuyaux. Ces points devront faire partie de la communication et de l’information (éducation).

L’évolution de la station d’épuration

Dans le cadre de la phase 2 ‘amélioration du traitement des eaux usées’, une étude sera faite pour revoir la station d’épuration de Plobsheim, vu son âge et l’augmentation prévue de la population du village. La station devra continuer à assurer l’ensemble de l’assainissement de Plobsheim. Suite à l’étude, un plan sera élaboré par l’EMS pour définir les évolutions et travaux nécessaires dans cette station dans les prochaines années. Une réservation d’espace a été faite dans le cadre du PLUi pour l’agrandir éventuellement. Il existe aussi un projet d’ajouter une station permettant aux agriculteurs de vidanger leurs citernes dans le cadre des mesures de compensation mises en place suite à la station de pompage, ce qui permet de traiter directement les polluants résiduels.

Les contrôles effectués

Au niveau des déversoirs d’orage et au niveau des rejets de la station d’épuration, des contrôles sont effectués en continu et les résultats sont transmis automatiquement à la police de l’eau afin d’évaluer la conformité du système d’assainissement (STEP + réseau).

En 2017, déchets verts jetés dans l'eau

L’état des rivières

Le suivi de la qualité de l’eau des rivières est fait par les services du conseil départemental qui publient un rapport annuel de l’état des rivières dans le Bas-Rhin (voir par exemple le rapport 2015). Des points fixes de prélèvement sont définis, mais il n’y en a malheureusement pas à Plobsheim. L’EMS mène ponctuellement des campagnes de vérification du milieu naturel comme cela a été fait récemment à Blaesheim. A noter que sur le territoire de l’EMS, les problèmes se posent surtout sur les milieux les plus sensibles compte tenu du faible débit à l’étiage des cours d’eau (Souffel, Muehlbach, Ostwaldergraben, Ehn, Riedgraben, …). Nous avons fait remarquer que même si les problèmes sont moindres à Plobsheim, la faune des rivières a drastiquement diminué ces 20 dernières années.
L’aspect de l’eau n’est pas significatif de pollution chimique. Les eaux déversées directement dans la rivière doivent être réduites (cf plus haut), mais elles ne sont pas la source de pollution importante. Malgré tout si le plan de la phase 2 doit être revu c’est que des progrès sont à faire. L’EMS nous assure qu’il ne génère pas de boue/vase aux sorties des déversoirs. Même si ces déversements polluent modérément ils sont sources de pollution olfactives et visuelles. Le curage des cours d’eau n’étant pas une pratique à encourager, nous n’avons pas eu de réponse/solution plus immédiate ou plus précise.
Le Rhin tortu au sud de Plobsheim Les algues et les herbes qui poussent sont le signe d’une eutrophisation de l’eau : trop de nitrates et de phosphore, qui ne proviennent pas des déchets ménagers, mais plutôt des pratiques agricoles. Exemple d’évolution, l’interdiction du phosphore dans les lessives a été suivie d’une nette amélioration. Nous avons indiqué que les algues sont en grand nombre cette année particulièrement, signe que le problème n’est pas en voie de résolution.
Le faucardage est planifié une fois dans l’année, il n’a pas été fait l’année dernière parce que les herbes ne poussaient pas. Il sera fait incessamment sous peu. Le faucardage doit se faire à une période qui n’ait pas de conséquences pour l’alevinage. Nous demandons que les herbes et algues lors des faucardages soient ramassées et non laissées à la dérive. Pour savoir si les herbes faucardées sont enlevées ou laissées dans l’eau, il faut interroger le service entretien et transition énergétique.

Petit Lexique

DDT : Direction Départementale des Territoires
DREAL : Direction Régional de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement
EMS ; Eurométropole de Strasbourg
PLUi : Plan Local d’Urbanisme intercommunal
SDEA : Syndicat des Eaux et de l’Assainissement Alsace-Moselle
STEP : Station d’épuration

faucardage : opération qui consiste à couper et exporter les roseaux, herbes, algues poussant dans l’eau des fossés, rivières, canaux
dégrilleur : dispositif destiné à piéger les matières plus ou moins volumineuses et les déchets de toutes sortes avant prétraitement d’eaux usées
noue : sorte de fossé peu profond et large, végétalisé, qui recueille provisoirement de l’eau de ruissellement, soit pour l’évacuer via un trop-plein, soit pour l’évaporer ou pour l’infiltrer sur place
puisard : puits permettant de stocker l’eau et de l’infilter dans le sol à travers une couche filtrante, sable, gravier